Un mal me ronge au plus profond de mon être,
Un mal qui n'a qu'un seul nom mais de multiples visages,
Si on essaie de le faire partir, il se rebelle et s'acharne encore plus,
Pas beaucoup de gens le connaissent et c'est cela qui le rend plus fort.
Il s'empare de moi, sans prévenir, sans pitié,
Lorsqu'il est présent, il ne veut plus me quitter,
C'est un serpent rampant dans mes membres,
Une vipère qui jette son venin en moi,
Un charognard qui dévore mes entrailles.
Malgré ma volonté rien ni personne ne peut l'arrêter,
J'essaie de l'oublier mais il revient à la charge,
Il veut peut être me punir de quelque chose,
De vouloir vivre ma vie pleinement et être heureuse ?
Ne veut-il pas me laisser un brin de bonheur ?
Il ne veut que mon malheur et aime à me voir souffrir,
Part ! Mal de mon âme, de mon corps,
Oublie moi et laisse le calme s'installer en moi,
Laisse moi un peu de répit que je puisse simplement vivre.
Mais mes paroles sont vaines, il ne bouge pas,
Il a fait son nid et ne part pour se nourrir de ma chair,
Il se nourrit de moi, peu à peu,
Il me grignote, me perce tel un ver dans une pomme.
Se tortille, se tourne, se propage, se tord,
Il boit ma vitalité, mon énergie, ma santé,
S'abreuve de mon mal, et vit à travers ma douleur.
Il ri de ce qu'il m'arrive, et se moque de moi,
Il ne veut plus qu'une seule chose que je craque,
Mais l'on me retient fortement et je ne peux pas basculer,
Je n'ai pas la force d'aller de l'autre côté.
Je ne peux que me résigner à rester dans ce monde,
Je pourrais partir loin d'où je vis et tout recommencer.
Mais lui, ne me lâchera pas, partout où j'irais il ira
C'est une sangsue énorme qui suce ma vie et me fait mourir.
Ce mal est tellement ancré en moi qu'il ne se voit pas,
Il m'entoure comme une deuxième enveloppe corporelle,
Il se fond, s'incruste, pénètre ma chair, mes organes,
Il est tellement invisible que les autres ne le voient pas.
Et je dois décrire ce mal, cette douleur qui me ronge,
Il est tellement vicieux qu'il arrive à disparaître de ma pensée,
J'arrive même à l'oublier, mais lorsqu'il part vraiment,
C'est un poids qui soudain s'en va, ou plutôt s'éclipse.
Il est comme une lourde charge qu'on vient d'enlever,
Et quand il part on se sent soulagé comme libéré d'une chaîne,
Comme une pression intense qui soudain se desserre,
Comme une chimère il me pèse.
Telle une charge que l'on enlève soudain et qu'on se sent soulagé,
Mais le répit ne dure pas et revient encore plus violent.
Parfois, je me dis qu'il est parti, mais ce n'est qu'une illusion,
Il continue son travail de destruction, et je le porte sans cesse.
Personne ne peut imaginer ce que je ressens,
C'est un cercle que je veux rompre,
C'est une chaîne que je veux casser sans compassion,
Si cela était si simple cela ferait longtemps que je l'aurais fait.
Le mal est là, il ne bouge pas mais se répand ,
Il est la pollution de mon corps et mon c½ur,
Il me fait déprimer parfois,
Car je réfléchis trop sur ce qu'il me fait endurer.
Il ne me donne plus envie de me battre,
Mais combattre avec des armes que je n'ai pas est impossible,
Alors je le laisse faire, je le laisse m'affaiblir,
Il ne fait pas souffrir seulement dans mon corps.
Il m'énerve, m'irrite, me rend irascible,
Parfois, je traduis ce mal par un comportement inhabituel,
Mon visage se ferme, je ne veux plus rire, je ne peux plus rire,
Je n'arrive plus à réfléchir, il s'empare de mon esprit.
Il ne me fait penser qu'à lui, qu'à sa substance immatérielle,
Il me nargue car je ne peux pas l'attraper,
Il est comme une ombre maléfique qui ne serait pas hors de moi mais à l'intérieure,
Ce mal n'était pas comme cela avant, il ne touchait que quelques endroits
Mais il a pris part à ma vie et a pu trouver mes failles.
Bousculant les barrières, pénétrant dans des recoins étroits,
Il me connaît mieux que moi-même,
Il connaît mes faiblesses et en profite pour attaquer quand ça va mal,
Il me dirige comme une marionnette, un pantin de bois.
J'arrive même à penser qu'il à sa volonté propre,
Qu'il commande mes bras, mes jambes... mon cerveau ,
Je ne reconnais pas mon corps quand il est présent,
C'est un intrus, il le sait mais reste tout de même.
Ce parasite m'épuise, je n'ai plus de force,
Je n'ai plus la volonté de le combattre car c'est un combat vain,
Je suis fatiguée de toujours devoir justifier sa présence,
J'en ai assez de le voir me détruire, de le voir m'anéantir.
Je perds le contrôle de ma vie, de mon âme,
Il arrive à détruire en un seul coup de poignard tous mes rêves,
Personne ne veut m'aider pour le faire partir,
On m'enfonce en me disant que je l'ai créé.
Mais si c'était le cas je veux qu'il parte, et il ne m'écoute pas,
Je ne suis pas la créatrice d'un mal que je ne contrôle pas,
Arrêtez de le dire ! Arrêtez de me faire douter !
Aidez moi plutôt à l'éloigner ! Aidez moi à m'en sortir,
Essayez d'arriver à ce qu'il ne me fasse plus peur.
Car il n'attend plus qu'une chose pour partir : que je meurs